Phytothérapie : la théorie des signatures des plantes - Mythe ou réalité?
Publié par Jacques Bourgois, le 28 mars 2025 37
La phytothérapie remonte à la nuit des temps. C’est Paracelse (médecin-alchimiste suisse – 1493-1541) qui théorisa pour la première fois la loi ou la théorie des signatures des plantes médicinales en affirmant « Rien n’est sans signe ». Les caractéristiques des plantes (forme, couleur, forme…) permettraient de représenter leurs propriétés médicinales : les signatures. Une plante ressemblant à un organe soignera ce même organe en cas de maladie. Qu’en est-il réellement ? Est-ce applicable ? Est-ce pure superstition ?
Depuis la nuit des temps, l’Homme a utilisé les produits que lui donnaient la nature pour se nourrir, se soigner, guérir ses blessures ou pour adorer ses dieux. Des recherches archéologiques ont montré que l’homme de Néandertal (60000 ans avant J.C.) utilisait des plantes médicinales comme la guimauve ou l’achillée. Les Sumériens (2500 ans avant J.C.) sont les premiers à décrire des plantes et leurs usages comme le pavot à opium, la belladone, le safran, le thym… En Chine, il y a plus de 4000 ans, les plantes étaient utilisées pour soigner des maladies comme l’asthme ou le rhume. En Egypte ancienne, les plantes guérisseuses (genièvre, coloquinte, lin, fenouil, lys, ricin…) étaient prescrites par les corps des médecins. Ce sont les Grecs qui ont précisé un remède à base de plantes pour chaque maladie (notamment Hippocrate – 460-337 av.J.C- dans son traité ‘Corpus Hippocraticum’).

Au cours du Moyen-Age, cette culture médicale est cantonnée dans les monastères avec les premiers jardins de plantes médicinales, sans de réelles nouvelles découvertes. Cependant, un médecin-philosophe-alchimiste suisse (Philippus Theophrastus Aureolus Bombast von Hohenheim dit Paracelse 1493-1541) stipula le principe similia similibus curantur (les semblables soignent les semblables) d’où la théorie des signatures qui indique que l’apparence des végétaux révèle leur fonction ou leur usage : une plante en forme de foie soignera le foie, une plante de couleur rouge sera bénéfique pour le sang… C’est à cette époque que la théorie des signatures atteint ses lettres de noblesse. A la Renaissance, un état d’esprit différent apparait et la médecine va se tourner vers l’observation et l’expérimentation. C’est le déclin de la théorie des signatures.
Face à l’engouement des médecines douces alternatives ou complémentaires à la médecine actuelle, cette théorie a réapparu depuis quelques années dans de nombreuses revues spécialisées en diététique, en phytothérapie, en jardinerie…
Si cette théorie considérée comme pure superstition par certains, un héritage des anciens ou encore un message divin par d’autres, perdure encore de nos jours il convient d’en savoir un peu plus et c’est l’objet de cet article qui est purement informatif, il ne saurait remplacer une ordonnance médicale.
Carotte et vision

Coupez une rondelle de carotte, examinez la … cette rondelle ressemble à l’iris d’un œil. Donc, d’après la théorie des plantes signatures, les carottes doivent être bénéfiques pour les yeux et la vision … en plus de rendre aimable et de colorer les cuisses en rose d’après les dictons!
Carotte et vision : Dans l’alimentation humaine, la vitamine A est présente sous forme de rétinol et de ses dérivés dans les aliments d’origine animale et sous forme de bêta-carotène (pigment de couleur orange de la famille des caroténoïdes) dans les aliments d’origine végétale.

rétinol

bêta-carotène
Les carottes sont riches en bêta-carotène que notre corps transforme en vitamine A stockée dans le foie. Sous les structures chimiques rétinol/rétinal, elle intervient dans le fonctionnement des cellules à bâtonnets présentes dans la rétine et responsables de la vision crépusculaire. En s’associant à une protéine (l’opsine), elle forme la rhodopsine présente dans les cellules à bâtonnets de la rétine. Sous l’effet des photons, la rhodopsine change de conformation, ce qui entraine après un certain nombre d‘étapes chimiques le déclenchement du signal nerveux rétinien responsable de la stimulation des zones de la vision du cerveau. Des études médicales ont également montré que le bêta-carotène pourrait aider à prévenir l’apparition de dégénérescence maculaire (DMLA) liée à l’âge et de la cataracte.
Cependant, si la carotte pourrait être bénéfique pour la vision, surtout sous faible éclairage et la santé de l’œil, elle ne peut en aucun cas corriger les défauts de l’œil (myopie, astigmatisme, presbytie), pour cela il convient de consulter un ophtalmologue ! Non, même si les lapins ne portent pas de lunettes, ce n’est pas parce qu’ils mangent des carottes !
Conclusion : d’après les quelques lignes concernant la vision, la théorie des signatures pourrait être considérée comme exacte. MAIS, le bêta-carotène est également présent dans :
- divers légumes comme la patate douce, le pissenlit, le potiron, le persil, la laitue, les épinards…
- divers fruits secs comme les abricots, les pruneaux, les tomates, les mangues…
Le persil ou les mangues ne ressemblent pas à un œil, pourtant ces végétaux ont le même pouvoir que les carottes…la théorie des signatures n’est donc pas infaillible.
Fake news : déjà en 1939 !
Au cours de la dernière guerre mondiale, une publicité anglaise vantait les carottes pour avoir une meilleure vision en disant que si les militaires anglais voyaient venir les bombardiers allemands de loin c’était grâce à une nourriture riche en carottes. La vérité, c’était pour cacher que l’Angleterre possédait des radars.
Dictons :
- Concernant les cuisses roses : les caroténoïdes ont le pouvoir d’augmenter la production de mélanine colorant la peau pour la protéger des rayons UV.
- Concernant l’amabilité : le bêta-carotène possède des propriétés antioxydantes reconnues et stimule le système immunitaire. D’après des études récentes, un apport conséquent en antioxydants permettrait d’être de meilleur humeur…bonne humeur qui entraînera une amabilité certaine envers son prochain.
Noix et cerveau

Observez une noix, cassez-la. La forme évoque les deux hémisphères cérébraux et en allant plus loin la peau évoque la dure mère et la pie mère et la coque le crâne. D’après la théorie des signatures la noix doit être bonne pour le cerveau, la rendant souveraine contre les maux ayant pour siège la tête.
Les noix sont riches en lipides, très riches en acides gras insaturés sous forme d’oméga 3 et d’oméga 6 avec un rapport oméga3/oméga 6 égal à 4,8 (valeur recommandée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Elles contiennent également des fibres alimentaires, des antioxydants, des polyphénols, des vitamines E et B, des métaux (magnésium, fer, cuivre, manganèse, sélénium, phosphore).
Et le cerveau dans tout cela ? Les oméga 3 aident à garder le cerveau en forme. Les oméga 3 sont des acides gras insaturés dont le précurseur est l’acide alpha-linolénique (ALA) qui est essentiel dans notre alimentation puisque notre corps ne peut pas le synthétiser. Le foie transforme une partie des ALA en acide docosahexaénoïque (oméga 3 DHA) qui est l’oméga 3 le plus abondant dans notre cerveau. Son rôle principal est d’entrer dans la structure des neurones et de participer à la plasticité du cerveau.

DHA

ALA
Ces acides gras insaturés et la vitamine E présents dans les noix protègent les cellules du cerveau d’un vieillissement prématuré, favorisent la mémoire et la concentration et aident à la prévention des maladies neurodégénératives (Alzheimer par exemple).
Conclusion : d’après les quelques lignes concernant les noix, la théorie des signatures pourrait être considérée comme exacte. MAIS, l’oméga 3 DHA essentiel pour le cerveau est principalement présent dans les poissons gras comme le thon, le maquereau, la sardine, le hareng, le saumon et surtout dans l’huile de foie de morue, remède ancestral, utilisée par le passé comme complément alimentaire destiné aux enfants. Pour les végétariens, les graines de lin, de chia, certaines algues ou toutes les huiles végétales contiennent un taux important d’oméga 3 ALA. Les poissons gras ou les huiles végétales sont plus efficaces que les noix pour la santé du cerveau même s’ils ne lui ressemblent pas : encore une fois la théorie des signatures peut être mise en défaut.
Autres bienfaits des noix :
- Les noix, grâce aux oméga 3 et aux polyphénols, sont réputées pour abaisser le taux de ‘mauvais’ cholestérol et en augmentant de facto le taux de ‘bon’ cholestérol réduisant ainsi le risque d’apparition de maladies cardiovasculaires,
- Les oméga 6 présentes dans les noix jouent un rôle reconnu dans le traitement des taux élevés de cholestérol,
- Maintien de l’élasticité de la peau grâce à la vitamine E,
- Prévention de l’ostéoporose avec la vitamine E,
- Intérêt des métaux : magnésium sur la santé osseuse et la régulation de la pression artérielle, cuivre pour la production de globules rouges et l’augmentation des défenses immunitaires, phosphore pour la santé des dents …
- La richesse en fibres (7%) favorise digestion et transit intestinal,
- Chez la femme enceinte, les noix limitent le risque de malformation neurales chez le fœtus.
Mais : les noix sont très énergétiques (700 kcal pour 100 grammes), peuvent être des allergènes puissants et il convient également de se méfier en cas de calculs rénaux car les noix contiennent de l’acide oxalique.
Pour que tous ces bienfaits soient visibles il est recommandé de manger au maximum une dizaine de noix par jour … pas plus, autrement gare à la ligne ! Mais n’espérez pas pour autant concurrencer Einstein grâce aux noix ou à l’huile de foie de morue, si cela était vrai nous serions tous de véritables petits génies !
Tomate et cœur

Coupez une tomate en deux parties égales, examinez la tranche et avec un peu d’imagination vous verrez un cœur avec ses deux ventricules. Donc d’après la théorie des signatures les tomates doivent être souveraines contre les maladies cardiovasculaires. Qu’en est-il vraiment ?
Les tomates proviennent d’Amérique du Sud et ont été introduites en Europe par les Espagnols en 1523. La plante est de la même famille que la belladone connue pour sa toxicité. La tomate renferme des alcaloïdes (solanine, tomatine) à des taux faibles sans danger. Ce sont ces alcaloïdes autrefois réputés à tort aphrodisiaques qui ont fait appeler les tomates ‘pommes d’amour’ au Moyen Age.
Les tomates sont essentiellement formées d’eau à raison de 95%. Dans les 5% restants il existe des fibres, des glucides, des vitamines, des minéraux et des pigments responsables de la couleur de ces fruits.
Les tomates, bien qu’étant des fruits se consomment généralement comme légumes. Elles sont la principale source alimentaire en lycopène, antioxydant associé à la réduction du risque d’accident cardiaque et de cancer. Du fait de la composition de sa formule chimique (11 doubles liaisons conjuguées), le lycopène est responsable de la couleur rouge des tomates. Son taux augmente à la cuisson mais diminue si cette dernière est trop prolongée entrainant une diminution de la couleur rouge.

Lycopène
Certaines données épidémiologiques tendent à montrer qu’un taux élevé de lycopène dans l’organisme diminuerait le risque de maladies coronariennes en empêchant l’oxydation du ‘mauvais cholestérol’. Ce phénomène protègerait les vaisseaux sanguins d’accumulation de plaques qui les rendent moins flexibles. Cependant les études sont contradictoires et d’autres recherches médicales doivent encore être menées. Il est certain cependant que le lycopène fait baisser le taux de cholestérol dans le sang.
Conformément à la théorie des signatures, les tomates agissent sur la santé du système cardiaque…mais pas seulement ! Elles pourraient avoir bien d’autres effets positifs sur le corps humain :
- Lycopène : ce composé aurait une protection contre les cancers de la prostate et colorectal,
- Lycopène en supplément alimentaire : amélioration de la fermeté de la peau, diminution des rides, réduction des dommages liés au soleil,
- Bêta-carotène : converti en vitamine A dans notre organisme (voir la partie ’carotte’),
- Naringénine : flavonoïde reconnu pour son caractère anti inflammatoire,
- Vitamines : C (nutriment essentiel antioxydant, 1 tomate apporte 28% de l’apport journalier de référence), K (intervient dans la calcification des os et dans la coagulation sanguine), B3 (prévention de l’artériosclérose), B9 (impliqué dans la synthèse des acides aminés et du matériel génétique)
Afin que la tomate ait un effet positif sur notre santé, il est recommandé d’en consommer de 80 à 110 grammes par jour (!), mais il est pertinent de consulter un spécialiste de la santé pour connaître les besoins spécifiques de chaque personne.
Mais attention : une surconsommation de tomates peut être néfaste pour l’organisme.
- La tomate est riche en calcium et en oxalate, éléments qui augmentent le risque d’apparition de calculs rénaux,
- La tomate étant acide, une consommation excessive peut provoquer des troubles digestifs tels que brûlures d’estomac ou/et reflux acides,
- Le lycopène en excès peut entraîner (i) une coloration de la peau en rouge orangé réversible, (ii) une augmentation du risque de saignement en cas de prise de médicament comme l’aspirine, les anti-coagulants ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Le lycopène sous forme de complément alimentaire doit être évité chez la femme enceinte,
- Comme avec tous les fruits et légumes, une allergie aux tomates peut subvenir entraînant éruption cutanée, difficultés respiratoires …
Millepertuis et peau

A quel organe peut ressembler le millepertuis ? Penchons-nous sur son nom : le terme ‘pertui’ en vieux français veut dire ‘trou’. Si l’on regarde une feuille de millepertuis par transparence on peut apercevoir de nombreux trous (peut-être mille !). Cette caractéristique ne ferait-elle pas penser à la peau avec ses pores…avec un peu (beaucoup) d’imagination ?
En effet, le millepertuis est réputé pour ses propriétés cicatrisantes grâce à deux composés : l’hyperforine et l’hypericine. Le premier est un puissant anti-inflammatoire et analgésique, il stimule le système immunitaire et agit sur la production de collagène responsable de la cicatrisation. Le second à des propriétés antivirales et antibactériennes, il dynamise également la microcirculation sanguine favorisant le transport d’oxygène vers les tissus endommagés pour accélérer leur guérison. Ces deux molécules agissent en synergie, pour accélérer la cicatrisation et diminuer les risques d’infection et les douleurs liées aux plaies ou aux brûlures. Les sommités florales sont la partie la plus active de la plante, une fois macérées dans de l’huile et filtrées elles produisent un liquide (huile de millepertuis) pouvant être appliqué sur les plaies ou brûlures. L’hypericine est un composé fortement phototoxique, aussi il est important de ne pas s’exposer au soleil dans les 12 heures après l’application du macérat huileux sous peine de risque d’apparition d’éruption cutanée.

hyperforine

hypericine
Autres utilisations :
De nombreuses études médicales ont confirmé l’effet du millepertuis sur les symptômes dépressifs légers à modérés, elles ont montré que les extraits de millepertuis étaient aussi efficaces que les médicaments traditionnels de synthèse. Cette efficacité a permis à la France de reconnaitre comme médicaments les extraits de millepertuis dans le cadre des dépressions transitoires. L’OMS, la commission E (Allemagne), le NIH (Etats Unis) et l’ESCOP (Europe) reconnaissent également les bienfaits du millepertuis sur la dépression, l’anxiété, le soulagement du stress ou la nervosité. Ces effets antidépresseurs semblent dus à l’hyperforine avec un mécanisme encore non élucidé. En cas de prise prolongée, le sevrage devra être progressif comme dans le cas des antidépresseurs de synthèse.
La théorie des signatures semble se révéler exacte pour le traitement des plaies et brûlures de la peau, mais inexacte pour ce qui est de la dépression légère à modérée.
Mais attention au millepertuis : il peut présenter des interactions médicamenteuses graves. Les médicaments dont l’action est modifiée par le millepertuis sont les suivants (liste non exhaustive) : contraceptifs oraux, antidépresseurs, anticoagulants oraux, antiépileptiques, substances de chimiothérapie, médicaments des maladies auto-immunes et antirejet, des troubles cardiaques, contre le VIH … En cas de prise de médicament, toujours demander conseil à un professionnel de santé avant d’utiliser un produit à base de millepertuis.
Banane et sourire

« Avoir la banane » est une expression bien connue, mais qu’en est-il réellement ?
Les bananes sont riches en glucides (20g pour 100g de fruit), en vitamines (C et toute la série des vitamines B), en minéraux (notamment le potassium, le phosphore, le magnésium), elles contiennent également des protéines en quantité limitée (1,5 g/100g). Le magnésium, divers acides aminés présents dans les protéines et la vitamine B6 sont nécessaires à la synthèse au niveau du cerveau des neurotransmetteurs comme la dopamine (stimulant du centre de récompense du cerveau), les endorphines (effets analgésiques procurant une sensation de bien-être) ou la sérotonine (liée à la confiance en soi).
En cas de stress, les glandes surrénales vont produire du cortisol, hormone stéroïde fabriquée à partir du cholestérol.

Cortisol
Ce cortisol en excès va occasionner une fuite de magnésium par les urines. Donc, une baisse de magnésium entraînant une baisse de production de neurotransmetteurs et une augmentation de la vulnérabilité au stress donc une nouvelle production de cortisol…et ainsi de suite, c’est le serpent qui se mord la queue.
Stress = Moins de protéines du bonheur = Moins de bien-être = Moins de sourire.
Autres bienfaits de la banane :
- Fruit nourrissant : apport de sucres naturels (fructose, glucose, sucrose, amidon) régularisant la glycémie,
- Maintien de la pression sanguine normale, bon fonctionnement des systèmes nerveux et musculaire grâce à la forte teneur en potassium,
- Les antioxydants présents dans la pulpe (carotène, vitamines A, C et E, polyphénols, sélénium) aident à lutter contre le vieillissement cellulaire. Un masque à la banane serait efficace contre les rides et autres ridules,
- Amélioration de la digestion grâce aux fibres,
- Et enfin dans un tout autre domaine, le purin fait à partir de peau de banane et d’eau de pluie est un excellent engrais pour votre potager ou les fleurs de votre jardin ou de votre balcon.
Comme quoi, la théorie des signatures s’applique à la banane.
Mais attention car un excès de banane peut être dangereux pour la santé : apport trop important en sucres (1 banane contient 15 à 20 grammes de sucres), du fait de sa richesse en potassium (450 mg/banane soit 10% de l’apport journalier recommandé) risque de développer une hyperkaliémie (taux de potassium trop important dans le sang entraînant des troubles du rythme cardiaque). De plus, les tanins contenus dans ce fruit peuvent interagir avec certains médicaments notamment les antidépresseurs avec un risque d’hypertension artérielle sévère.
Vous voulez être heureux(se)…mangez des bananes mais pas trop ! et surtout demandez un avis médical en cas de prise d’antidépresseur.
Sanguisorbe (Pimprenelle) et blessure

La Sanguisorbe officinal (également appelée Pimprenelle) est une jolie fleur rouge qui pousse sur les terrains calcaires de préférence. Fleur de couleur rouge ne signifierait-il pas d’après la théorie des signatures une action avec le sang ?
La petite Pimprenelle (30 à 40 cm de hauteur) et la Grande Pimprenelle (1 à 1,5 m de hauteur) possèdent les mêmes vertus. Elles sont riches en tanins (acide sanguisorbique surtout dans les racines), en vitamines C et E, en triterpènes (acide ursolique), en polyphénols (anti-oxydants naturels) et en sels minéraux.
Du fait de leur propriété astringente (resserrement des tissus et diminution des sécrétions), les tanins des pimprenelles ont le pouvoir d’arrêter les saignements tant internes qu’externes et de cicatriser plus rapidement les plaies. Ils sont également efficaces pour soigner les brûlures notamment les coups de soleil.

acide sanguisorbique
Cependant, il est plus aisé d’utiliser des crèmes solaires adaptée et des hémostatiques en cas d’hémorragie légère, si l’hémorragie est sévère il convient d’appeler les urgences (15 ou 112).
Une légende raconte que Csaba (fils d’Attila), blessé lors d’une bataille contre les Ostrogoths fut soigné avec des cataplasmes de pimprenelle : d’où le nom de Sanguisorbe qui vient du latin sanguis (sang) et sorbere (absorber).
Si les propriétés des Sanguisorbes sont compatibles avec la théorie des signatures, elles en possèdent bien d’autres :Si les propriétés des Sanguisorbes sont compatibles avec la théorie des signatures, elles en possèdent bien d’autres :
- Les propriétés astringentes font que les pimprenelles sont aussi utilisées contre les diarrhées et les gastro-entérites en particulier chez les enfants. Durant la première guerre mondiale (bataille de la Marne), du fait du manque de médicaments adaptés, les soldats souffrants de dysenterie furent soignés avec des infusions de pimprenelle,
- L’acide ursolique, présent dans les pimprenelles, possèdent des propriétés biologiques in vitro des plus intéressantes : effet anti-cancéreux (foie, vessie, prostate, mélanome), anti-diabétique, anti-inflammatoire, antiviral, agent hémato-protecteur notamment en cas d’hépatite. Cet acide est également présent dans de nombreux végétaux (peaux des pommes et des raisins, romarin, sauge). Hélas, il est très peu soluble dans l’eau ce qui limite son utilisation malgré son important potentiel pharmacologique,
- Les feuilles de pimprenelles peuvent aussi être consommées surtout au printemps, leur goût est comparable à celui du concombre ou de la noix fraiche. Elles entrent dans la composition de la sauce verte du Bas-Rhin (ou de Francfort).
Pas de contre-indication pour ces plantes sauf pour les femmes enceintes.
Agrumes et sein

Observez une coupe d’agrume. Rappelez vous de vos cours d’anatomie.
La chair des pamplemousses ou des oranges ressemble à s’y méprendre à la texture des glandes mammaires. D’après la théorie des signatures, ces agrumes devraient être bénéfiques pour la poitrine, qu’en est-il ?
Les agrumes contiennent essentiellement de l’eau (90% environ) et des sucres (9,8%), le reste se compose de vitamines (C à raison de 30 à 80 mg/100g selon les espèces, B3, B5, B6, B9, E, carotène précurseur de la vitamine A), de métaux (sodium, potassium, magnésium, phosphore, calcium), de limonoïdes (principalement la limonine dans les oranges), de coumarines (auraptène présent dans le zeste des agrumes), de flavonoïdes (hespéridine dans les oranges, rutine et quercétine dans les citrons, naringine dans les pamplemousses) antioxydants puissants protégeant les cellules par neutralisation des radicaux libres générés par la respiration, le rayonnement UV, la pollution ou encore le stress.

auraptène

limonine

hespéridine

quercétine

rutine

naringine
Qu’en est-il de l’action de ces composés sur les seins comme le prédit la théorie des signatures ? Les propriétés des molécules actives (ci-dessous) ne sauraient en aucun cas représenter celles des fruits, en effet elles découlent de recherches de laboratoire sur des composés purs indépendamment de la synergie ou de l’antagonisme avec d’autres produits présents dans les fruits.
- Les limonoïdes sont des agents anticancéreux in vitro (en laboratoire), diminuant la prolifération des cellules cancéreuses du sein,
- L’auraptène et la naringine ont des propriétés anticancéreuses in vitro sur le cancer du sein,
- L’hespéridine aiderait à lutter contre le cancer mais les études sont encore contradictoires,
- La quercétine aurait des effets inhibiteurs sur la prolifération des cellules cancéreuses notamment dans le cancer du sein.
La théorie des signatures serait-elle applicable dans le cas des agrumes ?
- D’après ce qui précède oui, MAIS… une chose est certaine, c’est que le fruit pamplemousse peut présenter des contre-indications potentiellement gravissimes (il convient de toujours demander conseil à un professionnel de santé sur les interactions pamplemousse/médicaments) :
- Chez la femme ménopausée, le pamplemousse augmente significativement le risque de développer un cancer du sein,
- En cas de présence de cellules cancéreuses de type hormonodépendantes (sein, prostate principalement), le pamplemousse favorisera leur prolifération,
- La consommation de pamplemousse peut entraîner une augmentation ou une diminution des effets de certains médicaments comme les médicaments anticancers, les contraceptifs oraux, les anxiolytiques (benzodiazépines), les antihistaminiques, les immunosuppresseurs, les traitements contre le cholestérol, …
Toutefois, les agrumes (et même le pamplemousse !) ont des actions bénéfiques contre les maladies cardiovasculaires, le vieillissement prématuré de la peau, ce sont également des anti-inflammatoires, des stimulants du système immunitaire et des fonctions cérébrales.
Donc manger des agrumes OUI mais en prenant des précautions dans certains cas…ce que ne dit pas la théorie des signatures.
Saule blanc et douleur

Si la théorie des signatures s’applique au saule blanc, quel est l’organe humain concerné ? Même en cherchant bien, difficile de le savoir.
Le saule blanc pousse uniquement dans les endroits humides et souvent en bordure de rivières ou de fossés. Là est sans doute la solution, et si le saule blanc était bénéfique pour les maladies liées à l’humidité.
C’est ce qui a été découvert dès l’antiquité (Dioscoride au 1er siècle et Galien au 2ème siècle). En effet, le saule était connu :
- pour être un antidouleur (nous avons tous entendu les personnes souffrant de rhumatisme dire que la douleur était plus forte par météo humide !),
- pour diminuer la température corporelle en cas de fièvre des marais (malaria).
Depuis, la composition du saule blanc a été décrite et en particulier celle de l’écorce :
- salicylates :salicyline et salicortine


salicyline
- polyphénols : flavaloïdes, tanins, acides phénoliques
Si l’écorce de saule a été utiliser en thérapeutique, c’est grâce à ses composés de type salicylate qui vont être étudiés par les pharmaciens et les chimistes.
La salicyline a été très étudiée par les chimistes :
- en 1825, le pharmacien italien Fantana isole de petites quantités de salicyline impure,
- en 1829, Pierre Joseph Leroux, pharmacien français, obtint des cristaux de salicyline pure,
- en 1838, le chimiste italien Raffaelle Piria synthétisa, à partir de la salicyline, l’acide salicylique,
- en 1853, Charles Gerhardt, pharmacien à l’Université de Strasbourg, transforma l’acide précédent en acide acétylsalicylique,
- en 1899, Bayer obtient un brevet américain d’une durée de 17 ans pour l’acide acétylsalicylique sous le nom de ASPIRINE (A pour acétyl, SPIR pour spirée, INE comme suffixe de tous les alcaloïdes),
- en 1982, Sir John Robert Vane, médecin britannique, obtint le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur le mode d’action de l’aspirine.

acide acétylsalicylique
- en 1899, Bayer obtient un brevet américain d’une durée de 17 ans pour l’acide acétylsalicylique sous le nom de ASPIRINE (A pour acétyl, SPIR pour spirée, INE comme le suffixe de tous les alcaloïdes),
- en 1982, Sir John Robert Vane, médecin britannique, obtint le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur le mode d’action de l’aspirine.
C’est un des médicaments les plus utilisé au monde (40 000 tonnes par an). Si l’aspirine agit contre la fièvre, la douleur et l’agrégation des plaquettes sanguines, elle a l’inconvénient de posséder de nombreuses contre-indications en cas d’insuffisance rénale et/ou hépatique, en cas d’ulcère à l’estomac, chez la femme enceinte, en cas de risque hémorragique, …
La théorie des signatures a donc conduit à l’apparition de la fameuse aspirine.
Il existe bien d’autres plantes décrites dans la théorie des signatures comme :
- raisins et poumons
- gingembre et estomac
- figues et testicules
- avocat et utérus
- patate douce et pancréas
- haricot et rein
- céleri et os
- prêle et colonne vertébrale
- oreille et champignon
- …
Plantes de rocaille et calvitie

Un exemple farfelu!
Le Capillaire des Murailles (Asplenium Trichomanes) est une petite fougère poussant sur les rochers ou les murs ombragés. Les Saxifrages, par exemple la Saxifrage à fleurs nombreuses (Saxifraga Florentula), emblème du Parc National du Mercantour, peuvent pousser dans la moindre anfractuosité d’un rocher. Elles sont parfois appelées Casse-Pierre, ou Perce-Pierre. Certains lichens, mariage entre une algue et un champignon, ont un aspect ‘chevelu’. D’après la théorie des signatures, ces plantes devraient être souveraines dans la repousse des cheveux, qu’en est-il ?
Ces trois plantes ont été conseillées pour faire repousser les cheveux sur les crânes les plus dégarnis. Actuellement, aucune d’entre elles n’est utilisée, leurs propriétés n’ayant pas été avérées. Dans ce cas précis, la théorie des signatures est prise en défaut, dommage pour le rédacteur de ces quelques lignes qui gardera sa tonsure monacale !
CONCLUSION
D’après ce qui précède, nous constatons que la théorie des signatures des plantes s’applique plus ou moins, elle renseigne sur l’organe à soigner mais ne fait en aucun cas le diagnostic de la maladie. Mais est-ce la réalité ou uniquement un heureux hasard ? Paracelse était-il un visionnaire de la médecine ?
La théorie des signatures : l’approche la plus communément admise est une approche empirique. Nos ancêtres ont appris, au cours du temps, à reconnaître les plantes à des fins alimentaires et à les analyser d’après leur goût, leur odeur et le vécu corporel après ingestion. Mais après la découverte du Nouveau Monde, de nouvelles plantes sont apparues en Europe et la mémoire humaine ne suffisait plus. Il fallait trouver une autre méthode pour les différencier et se rappeler de leur usage. C’est ainsi que la théorie des signatures est apparue, elle est ainsi une justification a posteriori. La signature serait donc un moyen mnémotechnique pour reconnaître les plantes et leur usage médicinal en limitant au maximum les risques d’erreur par rapport aux plantes toxiques. Cette théorie était également une excellente méthode pour favoriser la transmission du savoir dans des sociétés à traditions orales et avec une pointe de divin elle devient universelle.
Pourquoi cette théorie semble-t-elle fonctionner ? Prenons un exemple. La digitale pourpre est connue depuis l’antiquité pour son action sur le système cardiovasculaire. Cette plante est rouge, couleur du sang et du cœur. D’après la théorie des signatures, cette plante rouge soignera les maladies cardiovasculaires. Donnée comme remède (en très pette quantité car c’est un poison) à un malade, il guérira … CQFD, c’est donc la preuve que la théorie des signatures fonctionne ! Rien de plus normal puisque les données de départ deviennent les conclusions. Bien que la science moderne ait démontré que les propriétés médicinales des plantes ne sont pas nécessairement liées à leur apparence, la théorie des signatures a contribué à l’évolution de la phytothérapie.
Les propriétés, indications et modes d’utilisation spécifiés dans cet article sont tirés d’ouvrages ou de sites internet de référence en naturopathie, phytothérapie, gemmothérapie ou aromathérapie. Ils ne peuvent en aucun cas être considérés comme un guide d’utilisation, et ne peuvent se substituer au diagnostic et aux prescriptions médicales. Cet article n’engage pas la responsabilité de l’auteur.
Toutes les illustrations contenues dans cet article ont été générée par IA.
Pour en savoir plus :
Généralités sur la théorie des signatures
Théorie des signatures : définition et explications
Théorie des signatures : la ressemblance des aliments et organes
La théorie des signatures ou comment repérer les plantes qui nous soignent ? - ici
La théorie des signatures: une approche écologique pour comprendre la nature - Pousse Pousse
1-Théorie des signatures - Yantra
Les aliments qui ressemblent aux organes qu’ils guérissent ! ⋆
La médecine monastique : herbes médiévales et sciences modernes – Science in School
La théorie des signatures ou comment repérer les plantes qui nous soignent ? - ici
Carotte et vision
https://saintesante.com/traitements/phytotherapie/plantes-medicinales/carotte
Qu'est-ce que la Carotte ? Origine, Bienfaits et Posologie | Dieti Natura
Carotte - Caractéristiques, Utilisations et Bienfaits - Phytothérapie - France Minéraux
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